Mutuelle et prévoyance auto-entrepreneur : te protéger toi (2026)

Ton activité, tes seuils, tes cotisations : tu suis tout ça de près. Mais toi ? En micro-entreprise, personne ne te couvre à ta place — pas d'employeur pour payer la moitié de ta mutuelle, pas de chômage si ça s'arrête, et des indemnités maladie bien plus faibles que tu ne l'imagines. Voilà ce que tu toucherais vraiment, et par où commencer pour te protéger.

Ce que tu n'as pas (et qu'un salarié a)

Trois différences concrètes avec un salarié :

Arrêt maladie : ce que tu toucherais vraiment

Si ton médecin t'arrête, l'Assurance Maladie peut te verser des indemnités journalières (IJ), après un délai de carence de 3 jours. Le calcul : 1/730e de ton revenu moyen des 3 dernières années, plafonné à 65,84 € bruts par jour (montant 2026).

Le piège : ton « revenu », ce n'est pas ton CA. C'est ton CA après abattement forfaitaire (71 % en vente, 50 % en prestations BIC, 34 % en BNC).

Deux exemples sur 36 000 € de CA annuel :

Même CA, presque 8 € d'écart par jour — et dans les deux cas, loin de compenser une vraie perte d'activité.

Pire : si ton revenu moyen est sous 4 582 € par an (2026), tes IJ sont nulles — sauf si tu paies volontairement la cotisation minimale IJ. En début d'activité ou en activité secondaire, c'est un cas fréquent.

Mutuelle santé : à toi de jouer

Sans employeur pour cofinancer, deux pistes :

L'anti-arnaque Madelin : on te proposera peut-être un contrat « loi Madelin » avec son « avantage fiscal, cotisations déductibles ». En micro-entreprise, c'est faux : ton abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes tes charges, tu ne peux rien déduire en plus. Le contrat en lui-même peut être correct — mais l'argument fiscal, pour toi, est nul. Si un vendeur te le sert quand même, il ne connaît pas ton régime (ou fait semblant).

Invalidité, décès : le vrai sujet de la prévoyance

C'est le scénario dont personne ne parle, et le plus lourd :

Un contrat de prévoyance complémentaire (IJ renforcées, invalidité, capital décès) coûte en général quelques dizaines d'euros par mois. Il est d'autant plus pertinent que tu exerces un métier physique (BTP, services à domicile) ou que des proches dépendent de tes revenus.

Par où commencer

Sources : ameli.fr (IJ artisans-commerçants), entreprendre.service-public.fr F23890, service-public F23668. Vérifié le 26/08/2026.